• Jeudi, janvier 06th, 2011

Comme ils sont agaçants tous ceux qui patientent au seuil de votre vie dans l’espoir que vous les laissiez entrer. C’est la cour, l’oreille attentive à ce qui se passe derrière le rideau du royal baldaquin, prête à se précipiter sans hésiter, à bousculer.

Comme certains usent de manières inappropriées pour vous demander de devenir votre ami là où l’amitié contrairement à un baiser ne se prend pas à la volée mais se mérite. Sur la durée. Pourquoi ne comprennent-ils pas que le temps est un filtre qu’il ne faut pas brusquer ? Serait-ce le syndrome facebook?

Comme c’est agaçant car s’il suffit d’ignorer la requête sur le réseau social -à condition que le protagoniste ne travaille pas avec vous…-, quand il est face à vous se balançant nerveusement, empourpré par l’impétuosité de sa question, inconscient du désagrément provoqué, vous ne pouvez répondre non. A moins d’être cruel ou d’assumer l’absence d’affinité.
Mais vous aspirez à un comportement altruiste même s’il est teinté de lâcheté. La plupart du temps, vous voulez être aimé et non craint. N’est pas Machiavel qui veut. Et c’est cette posture qui vous met dans l’embarras. Alors vous dites oui et vous ignorez ensuite les sollicitations au mieux mailistiques, au pire téléphoniques et vous êtes en colère. Contre les importuns -pas contre vous, vous manquez d’honnêteté- parce que vous ne devriez pas avoir à vous justifier, vous ne devriez pas vous sentir obligé, de laisser entrer. Leur acte n’est pas courageux, il est égoïste, vous appréhendez à présent de découvrir un message, insistant avant qu’il ne devienne insultant.

Comme c’est agaçant car vous devez acquérir une armure, une dague et une cotte de mailles, ça pèse lourd et vous avez perdu quelque peu de votre spontanéité -naïveté ?- .

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6 responses

  1. 1
    Christian LYON 

    L’utilisation d’un paillasson à l’entrée révèle l’éducation des personnes que l’on reçoit. Hélas le tapis de souris ne remplit pas cette fonction ! Certains ne respectent même pas touchpad et clavier selon une récente enquête de salubrité.
    Comment demander à des personnes d’avoir un comportement social correct (hygiène mentale ?) si elles se négligent au physique ? Sans oublier les “propres-sur-eux”, chevaux de Troie que l’on pourrait traduire par “trop-de-gens” tant ils sont eux aussi, nombreux…

    A leur contact, le quotidien se charge de “forger” la cotte de mailles que vous redoutez, pourtant inéluctable hélas. Avec le temps, longueur atteinte et rôle protecteur quasi sûr, certains nomment cette cotte, expérience. Cette défense ne doit toutefois en rien annihiler l’altruisme. Pas de genou à terre.
    Vouloir faire le bien d’autrui c’est aussi, envers les impudents, tenter d’employer l’effet miroir empreint néanmoins d’une touche d’élégance verbale, écrite (là vous excellez). Intelligents – si, si – certains comprennent: le contraste n’est pas seulement révélateur en photographie… Le cinéma, il y a une éternité, a traité le sujet dans l’excellent film “Les casse-pieds”, avec mise en évidence des fâcheux et traitement adéquat, non repris hélas par l’Education nationale. Trop pédagogique sans doute…

    En dernier recours, pour les étanches, les crapauds non-princes, les vingt-fois-sur-le-métier-remettez-votre-ouvrage, la phrase (j’allais écrire sentence), relevée dans un texte de la chanteuse Buridane, révèle la formule*, dague salvatrice portant l‘estocade:

    “L’ABSENCE A DES VERTUS QUE TA PRÉSENCE IGNORE”.

    Formulation talent-tueuse, n’est-il pas ?

    Etre plus long serait être gêneur, si ce n‘est déjà fait.
    Je vous laisse.

    * Pour un cas “hiérarchique” utiliser le vouvoiement d’usage et la distance réglementaire.

  2. 2
    Giulio 

    Parfois il faudrait se “michelhouellebecquiser”, c’est-à-dire couper avec le monde entier, ou presque, comme le personnage du dernier roman de cet auteur. Mais est-il possible faire cela dans la société de la globalisation médiatique, où même “privacy” est désormais un mot vidé de son sens ? Qui sait ce que Machiavelli suggérerait au prince aujourd’hui ?

  3. Vous avez raison, ce serait tellement étonnant : Machiavel au 21ème siècle. Il ne pourrait pas faire l’impasse sur nos modes de communication. Il serait effrayé par la capacité de réactivité du peuple, par la vitesse à laquelle circule l’information…

  4. 4
    BLO 

    Se couper du monde entier reste largement possible… la difficulté est de “choisir”. Je crois.

  5. 5
    Giulio 

    Un écrivan peut faire ce choix (dans une certaine mesure, bien évidemment), mais pour la plupart des gens je pense qu’il est très difficile, voir impossible. Quant à Machiavel au 21ème siècle il pourrait, par exemple, suggérer de s’approprier de tous moyens de communication (il me semble que quelqu’un en Italie a essayé le faire :-( ), sauf que…la toile est incontrôlable : il n’est par hazard que tous les régimes totalitaires on essaient souvent de bloquer l’access à internet. En effet, je crois que c’est ça le paradoxe : avec la communication «en temps réel» on a gagné de la liberté, mais on a aussi perdu de la sphère privée.

  6. 6
    Rémi 

    Je ne sais plus qui disait: “on communique plus entre nous, mais on parle moins….”. Et c’est bien vrai!

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