Le pas est franc, gracieux, la tête haute, surnageant, malgré les sneakers, la masse dans la rame du métro, soit tous ceux qu’elle habillera la saison prochaine du désir généré par son allure élégiaque, les cheveux retenus par un chignon fabriqué à la va-vite, la peau si veloutée, démaquillée à l’eau micellaire comme toute ses congénères, un pantalon plaqué, un tee-shirt lâche, un cardigan pour la douceur sous la parka oversized, le pas fend la foule pour une autre salle, un nouvel espace, les tenues sur les cintres, scénographiées, photographiées, le même bourdonnement des maquilleuses et des coiffeurs, les doigts qui comme sur un clavier, composent un nouvel air, un nouvel univers, un défilé. Elle sortira, le corps tendu par les basses de Nasser, l’oeil charbonneux du haut de ses talons avec chauffeur, les cheveux plaqués en une queue de cheval si haute qu’elle s’envolera dans six mois. Et puis c’est le rayon vert. L’absence de ces ovnis, de cet ailleurs dans notre quotidien, sonnés, il ne reste plus que le 2.0 pour la rétrospective, le récit ému de ces performances addictives, vous n’avez pas rêvé, c’était la semaine de la haute couture à Paris.


















